Rencontre avec Mr Antoine Martin, ancien DRH du groupe BSNDanone.

   Il est 13h45. Les étudiants en troisième année de Licence de Gestion et de BEMD (Bachelor Européen de Management & Developpement) voient entrer dans la pièce un homme d’un certain âge. Il s’agit  d’Antoine Martin, 80 ans, ancien DRH du groupe BSN-Danone.  Devant  les étudiants, un homme aux milles visages, aux milles expériences. Un homme dont le parcours force  aujourd’hui  le respect à une époque où le marché de l’emploi est  tout autre qu’ à la sienne. Se confrontent alors deux générations éloignées mais qui, sans nul doute, ont des choses à partager.

   M.Martin  s’adresse  alors   à l’assemblée en posant la question la plus simple qu’il soit : « Qui êtes-vous ? ». Un élève de BEMD nous présente  comme  des étudiants en troisième année, désireux d’apprendre et d’évoluer au mieux, professionnellement et humainement . A la lumière de cette réponse, M. Martin nous pose une autre  question   : « Pourquoi suis-je ici ? ».

   C’est à cette deuxième question que nous avons compris à quel point cet homme allait être différent des autres intervenants que nous avions pu rencontrer jusque là. C’est à partir de cette question que nous avons compris véritablement le sens du mot « rencontre ». Celle-ci  s’est faite non pas seulement sous le signe de l’expérience professionnelle mais aussi sous celui de l’aventure humaine : derrière tout professionnel, il y a un homme. Telle a été la leçon prodiguée par Antoine Martin. Dans toutes ses expériences, il insiste sur les rencontres,  la proximité  humaine  et surtout le  souci du détail.

   Ce   souci du détail est avant tout le souci  porté à chacun. En effet, être au plus proche d’un individu au travail permet d’être plus efficace tous ensemble et de prendre les meilleures décisions. M.Martin a notamment mis en exergue l’aspect culturel et local du travail à travers de nombreux anecdotes, comme celle” du savon” par exemple. Dans une entreprise où il travaillait à l’époque, une tradition voulait que plusieurs fois par an les salariés reçoivent des briques de savon : on appelait cela” le jour du savon”. Lorsqu’Antoine Martin voulut bousculer l’ordre établi pour des raisons internes à l’entreprise, il se rendit compte que,malgré tous les efforts du monde, rien ne remplacerait cette tradition.

   Pour nous, étudiants,  il est de plus en plus difficile de percevoir encore l’importance du culturel et du local dans un monde interconnecté et globalisé.Telle fut la teneur de la question d’un élève de l’assemblée : « Pensez-vous que le monde actuel est encore influencé par le  local et le culturel ? ». Sa réponse fut sans appel : oui. En dépit des transformations majeures que le monde connaît , selon M.Martin, la notion de proximité garde toute sa pertinence.

   Au début de la rencontre , M. Martin  s’interrogeait pour savoir ce qu’il pouvait nous apporter.  La réponse est claire: son expérience qui, par définition, intègre l’histoire complexe des hommes et d’une société. Par ses récits, ses anecdotes, ses réflexions qui  auraient  pu pourtant nous sembler décalés aujourd’hui , il a su nous offrir une vision claire et enrichissante du travail. L’avenir se nourrit des leçons d’humanisme de ceux qui nous précèdent …L’Institut Marc Perrot se veut toujours vigilant  à ce passage de témoin.

Publication: décembre 9, 2013

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